Description du livre
Présentes à tous les points de passage de la modernité politique, philosophique et esthétique, les œuvres de Sartre ne se réduisent pas à des intentions théoriques ; chacune constitue un projet en soi, s'inscrivant dans une révolution permanente des formes et des pouvoirs du langage, dans un renouvellement de communication avec les autres, dans un questionnement de l'étrangeté du monde. Sartre est le nom d'un philosophe qui n'aura cessé de repenser la conscience, la liberté et l'histoire ; le nom d'un dramaturge créateur de mythes modernes ; le nom d'un écrivain qui ne s'est jamais résolu aux profits immédiats de l'écriture. Dès ses premiers écrits - L'Imagination (1936), La Transcendance de l'ego (1937), La Nausée (1938), Esquisse d'une théorie des émotions (1939) et L'Imaginaire (1940) -, la singularité de Sartre repose sur l'invention d'un rapport inédit entre la prose littéraire et la langue philosophique, qui se prolonge à l'automne 1943 avec L'Être et le Néant, l'un des ouvrages philosophiques les plus importants du XXe siècle, dont Michel Tournier évoque le retentissement dans Le Vent Paraclet (1977) : " Nous avions le bonheur inouï de voir naître une philosophie sous nos yeux. " Qu'il s'agisse de métaphysique, de psychanalyse ou d'éthique, chaque fois Sartre affirme l'ontologie de la liberté. À travers la diversité des genres (philosophiques, romanesques, théâtraux...), il s'agit de mettre en œuvre une véritable relation dynamique entre fiction et spéculation, expérience et théorie, vérité et littérature. Il nous revient de suivre ces éclats de lumière dans la constellation de la pensée sartrienne.