Description du livre
France Télécom est devenue un géant mondial des télécommunications. L’ancienne entreprise publique est présentée comme le modèle d’une privatisation réussie, dans un secteur qui connaît une extraordinaire mutation technologique. Mais il y a un grave revers à cette médaille, beaucoup moins médiatisé que les profits records de la firme safran : deux sur trois de ses 100 000 salariés hexagonaux se déclarent stressés. Un mal-être généralisé qui a pour symptômes la banalisation du recours aux anxiolytiques, la progression des arrêts maladie de longue durée, l’augmentation des démissions et la multiplication troublante de suicides de salariés sur leur lieu de travail.
C’est cette réalité méconnue que dévoile ce livre, fruit d’une enquête auprès de salariés, de syndicalistes, de médecins ou d’inspecteurs du travail. Et qui s’appuie également sur les travaux de l’« Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom », créé en 2007 à l’initiative d’organisations syndicales. Ivan du Roy y montre comment le « management par le stress » a été érigé en système par les dirigeants de l’entreprise, dans le but notamment de pousser à la démission des dizaines de milliers de salariés, jugés en surnombre. Ce management « sournois » et « vicieux » ? selon les mots des salariés ? s’est progressivement déployé avec la privatisation, afin aussi de briser la culture héritée du service public et d’accroître encore les profits. En ce sens, le cas de France Télécom est tristement exemplaire : c’est un laboratoire pour la gestion du personnel par la souffrance au travail, une expérimentation de ce qui peut se produire demain dans d’autres grandes entreprises et services publics, de La Poste à l’Éducation nationale.