Les langues et les voyages m’ont toujours attiré. À l’université, alors que je me dirigeais plutôt en sciences politiques, j’ai découvert l’anthropologie et je me suis lancée même si on me répétait qu’il n’y avait pas d’emploi dans ce domaine. Par mon travail en anthropologie et ma traduction d’ouvrages sur les autochtones, j’ai eu envie de faire ma part pour aider à combler un peu à ma façon le fossé qui existe entre les Québécois et le peuple autochtone. J’ai réalisé au fil du temps qu’on glorifie les aînés chez les autochtones. Les décisions importantes prises dans la communauté ne le sont jamais sans les avoir consultés. Dans le cadre de mes études, j’ai multiplié les entrevues avec des aînés cris. Même si c’était déjà ancré dans ma famille, je pense que le respect que j’éprouve pour les personnes âgées me vient beaucoup de là. Leur parcours de vie, leurs histoires, les combats qu’ils ont menés, partager leur vécu et me sentir dépaysée, on a tellement à les écouter et apprendre d’eux. (Entrevue de l'auteure parue dans La Tribune 7 février 2021)