Description du livre
“Chez les anciennes nations, le peuple n’existait pas. Ce que nous appelons le peuple, c’étaient les esclaves.” Pour Lamennais, le constat est implacable. Esclave, serf, prolétaire... Après chaque révolution, le même ordre se remet en place, celui de l’esclavage et de la domination, muant au gré de l’Histoire et de ses soubresauts. L’État moderne en est désormais l’ordonnateur. Alors que l’égalité des droits semble une idée acquise, les faits sont bien différents : impunité pour les puissants, intransigeance pour les autres. À la différence que nul maître n’est plus responsable de l’esclave moderne. La loi et la peur de la faim ont remplacé ses chaînes.
Pourtant, pas question de se résigner à l’injustice. Si l’Histoire est faite de cycles, alors la liberté doit être reconquise.
Félicité de Lamennais (1782-1854) est un prêtre, penseur et polémiste. Esprit libre et fervent, il fonde en 1830 le journal L’Avenir, dont l’épigraphe est “Dieu et liberté”. Ses positions reçoivent la désapprobation du pape Grégoire XVI.
En 1834, troublé par les compromissions de Rome avec les pouvoirs absolus, Lamennais dénonce avec fracas une papauté qui a “divorcé avec le Christ”. Le coup d’État de 1851 le réduit au silence. À sa mort en 1854, une foule immense assiste à ses obsèques.