Description du livre
Le mensonge est-il un mal absolu ? Ne peut-il parfois se mettre au service d'un bien, d'une vérité supérieure ? Cette question, de saint Augustin à Vladimir Jankélévitch, en passant par Pascal ou Kant, a divisé les penseurs. Peut-être existe-t-il, dans certaines circonstances, un mensonge vertueux, voire sacrificiel. Mais ce qui est sûr, c'est que le mensonge n'abolit pas la vérité. Il l'éclaire au contraire de sa lumière noire, a au moins la vertu de la faire apparaître par contraste.
Voilà cependant que notre siècle a changé tout cela, et remplacé le mensonge par ce qu'on appelle la «postvérité». On ne ment plus, on fabrique des vérités
alternatives, des simulacres jetables. La réalité même, alors, se dérobe sous nos pieds. Les personnalités politiques parmi les plus déterminantes pour la marche du monde travaillent énergiquement à cette dérobade.
Ce malheur est-il sans recours? À travers une brève histoire du mensonge en dialogue avec Homère, Molière ou encore Rousseau, cette lecture nous indique à la fois que la postvérité n'est pas un mensonge comme les autres, et que notre culture nous donne encore des espaces et des réserves pour résister à ses ravages.