Description du livre
La désistance, autrement dit, les processus qui mènent à changer de mode de vie après une carrière criminelle.
Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la tendance punitive des sociétés occidentales a conduit à la surpopulation carcérale dans de nombreux pays. En France, la densité carcérale dépasse régulièrement les 120% à l’échelle nationale et plus de 130% en région parisienne ou en outremer. Les politiques de réinsertion s’avèrent insuffisantes, à tel point que les anciens détenus parlent d’une deuxième peine après la prison lorsqu’ils tentent de se réinsérer dans la société.
Qu’est-ce qui a conduit à une telle impasse et que pourrait-on faire pour y remédier ? Une partie de la réponse se trouve dans l’étude de la désistance, autrement dit, les processus qui mènent à changer de mode de vie après une carrière criminelle.
L’originalité de cette approche consiste à recueillir directement l’expérience d’anciens auteurs d’actes de délinquance — afin de ne pas s’appuyer uniquement sur l’analyse de professionnels et d’universitaires — et à se concentrer non pas sur les phases d’initiation ou de réitération, mais sur une compréhension plus précise de ce qui a permis de s’éloigner de la criminalité sur le long terme, bien après une dernière condamnation
pénale.
Pour ce faire, 33 récits de désistants ont été recueillis en région parisienne, au moyen d’entretiens biographiques approfondis. Les résultats soulignent la fréquente nécessité de s’appuyer sur des « personnes ressources », le rôle ambigu de la religion en tant que
plateforme disponible mais controversée en France pour désister, ainsi que la « réactivation » d’une forme de citoyenneté ordinaire dans le processus d’éloignement de la criminalité.