Description du livre
Depuis la chute du Mur de Berlin, le système international est devenu une sorte d'énigme, que les spécialistes peinent à décrypter et qualifier. Vit-on désormais dans un monde " post-bipolaire " - quitte à utiliser une catégorie héritée du passé -, " unipolaire " - hypothèse battue en brèche par l'impuissance américaine - ou " multipolaire " - alors que les puissances moyennes démontrent une faible attractivité ?
Derrière ce flou terminologique se dissimule une continuité profonde : la prétention des plus " grands ", formalisée à partir de 1815 à travers une " diplomatie de concerts ", de se partager le pilotage du monde. On retrouve aujourd'hui cet entêtement oligarchique dans les prétendus nouveaux " directoires du monde " que seraient le G8 puis le G20, qui renouvellent pourtant les blocages et l'impuissance. Cette persistance révèle la manière dont une diplomatie " de connivence ", telle que Bertrand Badie la qualifie, se trouve, depuis longtemps et sous des formes diverses, au centre du jeu international. Limitée dans ses performances, défensive de ses privilèges, intermédiaire entre la compétition et la coopération, elle est surtout excluante dans ses pratiques. Suscitant différents types de contestation, elle brouille le jeu international au lieu de l'ordonner.
Phénix médiocre qui renaît toujours de ses cendres, la " diplomatie de connivence " est examinée ici dans son histoire, ses fonctions, et ses échecs. Bonne manière d'explorer aussi la notion obscure de " système international ".